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Percée majeure en Europe pour le groupe Anderson de Chesterv

par Claude Thibodeau publié le 19 Octobre 2010 dans La Nouvelle/L'Union - Économie - Affaires.


Patrice Desrochers et Dany Poisson, respectivement vice-président et président, devant la nouvelle presse qui suscite un fort intérêt, le «Biobaler».

Grâce au développement d’une nouvelle presse à biomasse forestière, le «Biobaler», le groupe Anderson de Chesterville a réussi une importante percée européenne. Vingt-six appareils ont été vendus depuis novembre 2009 et l’entreprise prévoit en vendre 40 autres en 2010-2011, des contrats totalisant quelque 9,5 millions $. Le projet a nécessité la création de six emplois, s’ajoutant à la centaine de travailleurs en poste à l’usine de Chesterville.

Sujets : Groupe Anderson de Chesterville , Université Laval , Corporation , Europe , Pologne , Canada

Le groupe Anderson, avec sa nouvelle presse, a développé une technologie unique au monde. «L’appareil, tiré par un tracteur, permet de produire des balles rondes de quatre pieds de diamètre avec des résidus forestiers. On récolte ainsi de la biomasse, à partir principalement de saules et de peupliers, pour la production d’électricité et de chaleur», a expliqué Patrice Desrochers, vice-président du groupe Anderson.

La machine peut produire jusqu’à 40 balles à l’heure. «Le même rendement qu’une presse agricole», a fait remarquer le vice-président.

Le «Biobaler» peut s’opérer dans des conditions exigeantes, sur tout type de terrain. «On peut s’en servir, notamment, pour l’entretien sous les lignes électriques, pour l’entretien des plantations de pins, en bordure des routes ou sur des terres abandonnées pour les remettre en culture», a fait savoir M. Desrochers. «La machine peut même broyer des arbres jusqu’à six pouces de diamètre», a-t-il précisé.

L’Europe constitue un marché de choix pour ce type de machinerie. «Le prix permet d’en faire une entreprise rentable, a indiqué Patrice Desrochers. En Europe, la tonne sèche de biomasses se vend environ 125 $ comparativement à 25 $ ou 30 $ au Canada.»

La technologie développée par l’entreprise de Chesterville présente de nombreux avantages, a signalé le vice-président. «Le coût d’opération est bas, les balles produites se transportent bien, mais le gros avantage réside dans le fait que les balles sèchent naturellement», a-t-il souligné.

La nouvelle presse «Biobaler» origine d’une recherche universitaire avec le gouvernement du Canada et du travail de Luc D’Amours et Frédéric Lavoie, alors étudiants en ingénierie à l’Université Laval et devenus maintenant actionnaires du groupe Anderson.

Une visite en Pologne en 2008, à l’invitation de la Corporation de développement économique des Bois-Francs (CDEBF), a alors permis à Anderson de constater un fort engouement pour son nouveau produit. «Mais, par la suite, il nous a fallu 10 mois de travail pour rendre notre produit fiable commercialement», a précisé Patrice Desrochers. «Au total, les travailleurs d’Anderson ont mis environ quatre ans de développement pour accoucher de la machine», a ajouté le président Dany Poisson.

Mais «tout a décollé» véritablement lors de la participation du Groupe Anderson à la foire Agritechnica en Allemagne en novembre 2009. «Nous avons procédé à plusieurs démonstrations en Europe, au Danemark, en Pologne, en Slovaquie, en Suède, en Angleterre et en Croatie», a rappelé le vice-président Desrochers.

La mise en marché du «Biobaler» a généré d’autres retombées intéressantes pour l’entreprise chestervilloise. «Cela a amené beaucoup de visibilité pour nos autres produits agricoles vendus maintenant en Russie, au Japon, en Afrique du Sud et au Kazakhstan», a fait savoir le vice-président.

Le groupe Anderson commercialise 33 équipements agricoles et forestiers, exportant ses produits sur 4 des 5 continents. «Nous couvrons, avec nos distributeurs, 23 ou 24 pays», a mentionné M. Desrochers.

L’entreprise génère un chiffre d’affaires d’environ 17 millions $ actuellement. «On prévoit que, d’ici 4 ou 5 ans, notre chiffre d’affaires se situera entre 25 et 28 millions», a estimé le vice-président.

Avec sa nouvelle presse «Biobaler», le groupe Anderson anticipe une croissante intéressante. «La Pologne, avec son programme de subvention, représente un fort potentiel», a confié Dany Poisson.

L’entreprise a une capacité de produire 40 machines par année. «Il faudra ajouter des emplois si nous voulons augmenter la production», a noté le vice-président.